Ce soir, l’équipe de France entame « son » Euro, au stade de France à 21 heures, contre la Roumanie. Pour la troisième fois en trente-deux ans, les Bleus jouent devant leur public, avec jusqu’ici deux victoires finales à la clé, l’Euro-84 et le Mondial-98.

Pour autant, les coéquipiers d’Hugo Lloris doivent faire fi de la pression du résultat afin de se concentrer sur l’essentiel, l’émotion. Tout simplement en privilégiant le jeu à l’enjeu.

Je n’attends pas de cette équipe de France une victoire finale à tout prix. Je ne fais pas partie de cette secte qui place le résultat au-dessus de tout, qu’importe le contexte dans lequel celui-ci est obtenu. Je considère bien au contraire que l’émotion transmise et bien plus importante que le résultat obtenu. C’est en ce sens que je me réfère plutôt à la secte des entraîneurs à laquelle Bielsa, Simeone ou encore Guardiola appartiennent, celle qui lie émotion et résultat.

Ce que j’attends de l’équipe de France, c’est qu’elle me propose de vivre une aventure commune, l’histoire d’une quinzaine ou plus si affinités. Si l’histoire ne retient que le vainqueur, l’humain, lui, ne retient que l’émotion associée à celui-ci. Les Bleus doivent donc nous raconter une histoire, sans pour autant tomber dans le « story-telling » de base, dérive de l’infotainment.

Mais, bien une histoire avec des acteurs qui donnent envie d’être aimés, soutenus, supportés, et ce quelle que soit l’émotion finale (ou intermédiaire) partagée. Que ce soit des larmes de bonheur ou de tristesse, à l’instar d’Antoine Griezmann en 2014, le plus important est que ces Bleus parviennent à nous toucher au plus profond de nous-même, à toucher notre coeur.

Malgré toutes les dérives mercantiles actuelles, symbole d’un libéralisme assumé et décomplexé, le football demeure un jeu, une histoire d’Hommes et de rencontres. Cette  énième rencontre entre les Bleus et le public français commence ce soir. Dix ans après ma dernière émotion de supporters de l’équipe de France, j’espère ouvrir, dès ce soir, une nouvelle page de « mon aventure commune » avec les Bleus.

Une aventure dans laquelle David Trézéguet, marqueur de toute une génération, tient une place de choix. Pas seulement pour son but en or inscrit à l’Euro-2000, moment de grâce personnelle et de plénitude collective, mais aussi pour ce tir au but propulsé sur la barre transversale de Buffon au Mondial-2006, il y a dix ans déjà. Quand les petites histoires et les terribles défaites participent inéluctablement à la grande… Histoire du football. L’Euro-84 aurait-il été aussi beau sans ce sentiment d’injustice suscité par le Mondial-82 ? Pas si sûr…

Déchargez-vous donc de toute pression inutile, abordez chaque rencontre avec enthousiasme et envie, avec un seul mot d’ordre : transmettre du bonheur au peuple français. Avec une telle approche, le résultat a de grandes chances d’être au rendez-vous. Le contre-exemple brésilien durant le Mondial-2014 démontre que la quête du résultat peut paralyser l’ensemble d’une équipe voire le pays tout entier. Ne prenez pas le problème à l’envers, le peuple français ne vous demande pas de gagner, il souhaite simplement vibrer avec vous l’espace d’un temps, que l’on souhaite tous le plus long possible, et pourquoi pas jusqu’au 10 juillet prochain. Avec une telle force de frappe offensive, l’équipe de France a les atouts en main pour y parvenir.

Faites-vous plaisir et faites-nous plaisir !

Reporter Sportif dans les Hauts-de-France. Je couvre quotidiennement l'Amiens SC et le RC Lens. Vous pouvez également retrouver mes opinions sur le football en général et de nombreuses interviews de supporters. «Quand vous jouez un match, il est statistiquement prouvé que les joueurs n'ont la balle que trois minutes en moyenne. Le plus important, c'est donc ce que vous faites pendant ces 87 minutes où vous n'avez pas la balle. C'est ce qui fait que vous êtes un bon joueur ou non.» - Johan Cruyff

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