Pour la dernière levée du championnat de France de National, l’Amiens SC reçoit ce vendredi l’ASM Belfort. Après avoir passé trois minutes en Ligue 2 la semaine dernière contre Colmar (1-1) les Amiénois vont tenter de valider pour de bon leur billet pour l’antichambre du football français.

Un match particulier pour le latéral gauche Julien Ielsch, natif de Belfort, qui au-delà des retrouvailles préfère garder à l’esprit l’importance que revêt ce match pour le club amiénois. « C’est un beau clin d’œil, maintenant que ce soit Belfort ou une autre équipe c’est un match important pour tout le club, que ce soit les joueurs, les supporters, l’encadrement du club. Il faut faire du mieux possible demain pour espérer retrouver la Ligue 2. »

Thomas Monconduit emboîte le pas de son coéquipier en rappelant également l’enjeu que représente une montée en Ligue 2 pour le club mais aussi pour la ville d’Amiens. « Que ce soit pour le club ou bien pour la ville, la montée représente beaucoup sur le plan économique et sportif.»

Thomas Monconduit : « C’est peut-être le match de la montée, mais il ne faut pas l’aborder différemment »

Monconduit
Thomas Monconduit reste très serein

En quête de Ligue 2 depuis quatre saisons, l’ensemble du club attend avec impatience cette montée. Si l’Amiens SC a son destin entre ses pieds, le risque est d’aborder ce match avec trop de pression et de passer à côté de l’événement. En qualité de joueurs expérimentés, Julien Ielsch et Thomas Monconduit précisent la manière avec laquelle il faut appréhender ce type de rendez-vous.

Pour avoir connu le niveau professionnel avec l’AJ Auxerre, Thomas Monconduit, milieu de terrain de l’Amiens SC, considère qu’il est nécessaire d’aborder ce genre de match comme tous les autres. « C’est peut-être le match de la montée, mais il ne faut pas l’aborder différemment, il faut mettre les ingrédients que l’on met d’habitude, mettre l’agressivité nécessaire, aller presser l’adversaire en début de match. »

Pour Julien Ielsch, c’est « une finale, mais sans prolongation ni tirs au but ». A ses yeux, il n’y a pas de scénario idéal, si ce n’est l’emporter au terme des 90 minutes : « Il faudra faire le travail, à nous de tout mettre en œuvre pour réussir cette dernière à la maison. »

Julien Ielsch : « Nous avons les cartes en main, c’est à nous de faire le boulot »

Pour atteindre son objectif, les Samariens vont devoir s’imposer contre Belfort afin de ne pas avoir à se préoccuper des résultats de ses concurrents, à savoir Orléans, Marseille Consolat et Châteauroux. Mais, Belfort ne sera pas une simple victime expiatoire selon Julien Ielsch. « On sait très bien que cela va être compliqué, c’est une très belle équipe, une défense solide, même si sur la phase retour ils sont moins bien, mais ils ont fait une très belle saison avec très peu de moyens. Rester aussi longtemps sur le podium n’est pas anodin. C’est une équipe très joueuse, mais on va tout faire pour les contrer ».

Un match que l’on pourrait considérer comme facile en raison des nombreux absents à dénombrer du côté belfortain. Un argument que le capitaine amiénois réfute en prenant l’exemple de Colmar, dernier adversaire de l’Amiens SC et également décimé lors de leur affrontement. : « On m’a déjà dit ça contre Colmar, il y a beaucoup de blessés, beaucoup de suspendus, ils sont déjà en CFA, les joueurs ne sont plus payés, ils n’ont plus rien à jouer, mais on a fait match nul. Cela ne m’intéresse pas qu’ils aient des blessés, ce n’est pas notre problème. Depuis le début de saison, le problème c’est nous-même. Nous avons les cartes en main, c’est à nous de faire le boulot.

Fidèle à lui-même, Julien Ielsch refuse même de considérer la montée comme acquise :« Sinon je ne viens pas et je fais déjà la fête demain dès 15 heures. » Sur la même longueur d’onde, Thomas Monconduit rappelle qu’il reste un match à gagner et que les joueurs en sont pleinement conscients : « On ne se voit pas encore en Ligue 2, il y a encore un match à gagner pour y parvenir. Personne ne s’enflamme dans le groupe, on est tous prêts pour demain. C’est super motivant. Personnellement, je suis pressé d’y être, ce n’est pas de la pression, j’ai envie d’en découdre. »

Thomas Monconduit : « On m’a formé pour aborder les matches sans pression »

Les deux hommes portent une attention toute particulière sur l’état d’esprit à adopter pour ce genre de rendez-vous. Pour Thomas Monconduit, il est préférable de se retrouver dans la position du chassé au moment d’apporter cet ultime match : « Le fait d’avoir notre destin en main change tout, on n’a plus besoin de se baser sur les autres, on se concentre sur notre match, si on gagne on monte sans avoir besoin de se soucier de personne. On m’a formé pour aborder les matches sans pression, en restant zen, le reste viendra si on fait bien les choses. »

Julien Ielsch, de son côté, rappelle qu’il est important de dédramatiser l’importance du rendez-vous : « Maintenant, ça ne sert à rien de se mettre la pression, de vouloir faire le match avant. Tout dépend de nous, on fait ce métier pour des moments comme ça. On va voir plus de 9000 spectateurs demain soir, à nous de les rendre heureux.» Et pour atteindre l’objectif commun de tout un club, le capitaine amiénois compte bien tout donner pendant les 90 minutes du match le plus important de l’Amiens SC depuis quatre ans :« Si on ne met pas les tripes sur le terrain demain, c’est que nous n’avons rien compris. On revient de nulle part, on ne pensait pas faire une finale lors du dernier match contre Belfort. »

Julien Ielsch : « Si on en est là, c’est qu’on le mérite »

Ielsch
Julien Ielsch joue sa 4e montée en Ligue 2

Fort de trois promotions du National à la Ligue 2 dans sa carrière, celui qui a obtenu la montée avec le Red Star l’an dernier refuse que l’on porte une attention particulière à son expérience personnelle. « J’ai eu la chance d’être dans les effectifs au bon moment, je peux faire ma quatrième montée, mais je ne me focalise pas là-dessus. Certes, j’ai eu l’habitude de jouer des matches sous pression, mais ce n’est pas individuellement que l’on joue la montée. »

Cette expérience des matches à enjeu, Julien Ielsch entend la mettre au service du collectif en rappelant que «  C’est l’Amiens SC qui joue sa montée en Ligue 2 et pas seulement Julien Ielsch. » Et quant à savoir si cette montée est méritée, le numéro 23 ne s’embarrasse guère de ce genre de considérations : « La montée sera méritée, on a été dans le trou à un moment donné, mais les autres équipes n’ont pas pris le bon chemin non plus. Les années précédentes, il y avait toujours 2-3 équipes qui se décrochent du reste du paquet. Cette année ce n’est pas le cas, et si on en est là c’est qu’on le mérite. Ce n’est pas de notre faute si le football français est moins fort qu’avant, ce n’est pas de la faute de l’Amiens SC si le championnat du National est moins fort que les années précédentes. Mais, il faut encore valider la montée demain en mettant tous les ingrédients nécessaires pour remporter la rencontre. »

Contre Belfort, l’Amiens SC a donc rendez-vous avec son histoire. Pour prendre part à celle-ci, les portes du stade ouvriront dès 18h30. Le coup d’envoi de la rencontre sera donné à 20h par Gilbert Morel, bénévole du club depuis près de 37 ans. Preuve si besoin il en était que cette soirée pourrait s’avérer symbolique sur de nombreux plans pour l’Amiens SC.

Reporter Sportif dans les Hauts-de-France. Je couvre quotidiennement l'Amiens SC et le RC Lens. Vous pouvez également retrouver mes opinions sur le football en général et de nombreuses interviews de supporters. «Quand vous jouez un match, il est statistiquement prouvé que les joueurs n'ont la balle que trois minutes en moyenne. Le plus important, c'est donc ce que vous faites pendant ces 87 minutes où vous n'avez pas la balle. C'est ce qui fait que vous êtes un bon joueur ou non.» - Johan Cruyff

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